LA RONDE DU SOCIAL À ABENGOUROU : QUAND LA PROTECTION SOCIALE RENCONTRE LE TERRITOIRE DE L’INDÉNIÉ

Ce 25 juin 2026, le Stade Henri Konan Bédié d’Abengourou a vibré au rythme d’un événement à forte portée symbolique et sociale. La Ronde du Social a posé ses valises dans la région de l’Indénié-Djuablin, portée par une délégation gouvernementale de premier plan.

L’événement a réuni les forces vives du territoire et de l’État. Leurs Majestés Nanan BOA Kouassi III, Roi de l’Indénié, et Nanan Affoua Ngakon, Reine Mère de l’Indénié, ont honoré la cérémonie de leur présence, ancrant ainsi l’initiative dans la légitimité traditionnelle locale. Aux côtés du Ministre Me Adama Kamara, porteur du message officiel, se trouvaient les Ministres Siandou Fofana et N’Guessan Koffi. Le Directeur Général de la CNAM (Caisse Nationale d’Assurance Maladie) était également présent, entouré de ses proches collaborateurs, signe de l’implication directe de l’institution gestionnaire de la CMU dans cette opération de terrain.

Cette configuration pouvoir traditionnel, pouvoir politique, institution technique illustre la stratégie déployée pour ancrer la CMU dans le tissu social ivoirien : convaincre par la proximité, légitimer par la coutume, exécuter par l’administration.

Le Ministre Adama Kamara a porté à l’Indénié-Djuablin un message sans ambiguïté : la protection sociale n’est pas un privilège, c’est un droit pour tous. Ce rappel s’inscrit dans la philosophie portée depuis le lancement de la CMU, pensée comme un puissant instrument accélérateur d’équité sociale par le Président de la République, et mise en œuvre sous la supervision du Premier Ministre Robert Beugré Mambé.

 

La Ronde du Social n’est pas un événement isolé. C’est une caravane administrative et sociale itinérante qui va à la rencontre des populations, région par région, pour leur faire connaître les dispositifs sociaux de l’État. Abengourou s’inscrit donc dans une tournée nationale dont l’objectif est de rapprocher l’administration du citoyen, là où il vit, plutôt que d’attendre qu’il vienne à elle.

Le chiffre annoncé à Abengourou plus de 25,5 millions de personnes enrôlées confirme une dynamique de croissance continue. Cette progression doit beaucoup à la mesure dérogatoire prise par le gouvernement le 1er mai 2025 et prorogée jusqu’au 31 décembre 2025, qui a permis aux travailleurs du secteur informel de s’enrôler gratuitement et d’accéder aux soins avec une prise en charge majorée. 

C’est ici que se situe le cœur du message ministériel à Abengourou. L’enrôlement massif est une victoire collective historique, mais ce n’est que la première étape. Le Ministre l’a rappelé sans détour : place à l’essentiel, cotiser à date. Ce rappel n’est pas anodin. Le système CMU repose sur deux régimes : le Régime d’Assistance Médicale, réservé aux personnes ne pouvant payer leur cotisation et prises en charge à 100% par l’État sans ticket modérateur, et le Régime Général de Base, ouvert aux personnes capables de cotiser 1 000 FCFA par mois et par personne, qui donne droit aux soins après un mois de cotisation à jour.

Or, être enrôlé ne suffit pas à bénéficier des prestations. Sans cotisation à jour, l’accès aux soins dans les centres de santé publics et pharmacies agréées est bloqué. C’est précisément ce décalage entre enrôlement et cotisation effective que le gouvernement cherche à corriger, après avoir gagné la première bataille, celle du nombre.

Au-delà de l’enrôlement et de la cotisation, la CNAM a identifié plusieurs chantiers prioritaires. Il s’agit d’abord de produire et distribuer les cartes physiques pour la grande majorité des personnes déjà enrôlées. Il s’agit ensuite d’étendre les dispositifs d’enrôlement mobile et in situ sur l’ensemble du territoire, y compris dans les zones les plus reculées. Il s’agit enfin d’élargir le panier de soins, comme l’illustre l’intégration récente de la prise en charge du diabète et de l’hypertension artérielle.

La Ronde du Social à Abengourou n’était pas une simple cérémonie protocolaire. Elle a porté un message stratégique en deux temps : célébrer une victoire collective, avec 25,5 millions d’enrôlés, et ouvrir le prochain chapitre, plus exigeant, celui de la cotisation régulière, condition sine qua non pour que la promesse de la CMU se traduise en accès réel aux soins pour chaque Ivoirien.

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